Le Tour de France en trottinette électrique

« Faites confiance au hasard sans avoir peur de demain »

Un voyage jamais vu : Le Tour de France en trottinette / Photo © Giorgia Grimaldi

Faire ses valises, fuir la pandémie et oublier la lassitude du reste du monde ? Certaines personnes y ont probablement pensé au cours des derniers mois mais l’un d’entre eux l’a fait. Le 12 juillet 2020, à 12h12 précisément, Michaël Vieira, 29 ans, quitte sa ville natale de Strasbourg partant de la place Kleber : le jeune photographe a décidé de faire un Tour de France, en trottinette électrique et sans argent. Trouver un endroit pour recharger sa trottinette et des hôtes pour le loger gratuitement, ce ne sont pas des défis faciles en pleine période de pandémie. Le jeune aventurier, l’auto proclamé Trott-Man, qui se trouve actuellement confiné en Corse, à Guitera-les-Bains, explique pourquoi le hasard est le leitmotiv de ce voyage inédit et partage le secret de son succès.

Comment avez-vous eu l’idée de cette aventure inhabituelle ?

Depuis toujours j’aime voyager, mais comme beaucoup de personnes, je n’ai pas forcément les moyens pour ce plaisir. Avant la trottinette, j’ai voyagé avec TGV max pour exercer mon métier de photographe à travers la France en me déplaçant en train. Il y a deux ans que j’ai découvert ce moyen de locomotion qu´est la trottinette et j’y suis tombé accro. Quand j’ai vu 150 km d’autonomie, l’idée est venue toute seule [mais je ne dépasse pas les 100 kilomètres par heure]. Au début, je voulais faire Strasbourg-Nancy et peut-être prolonger de Nancy jusqu’à Paris. Peu après je me suis dit, « Tant qu’à faire, je pars en tour de France ». La trottinette me permet de lier toutes mes passions : le voyage, le contact humain, la photographie et la vidéo. En plus, c’est un moyen de transport écoresponsable.

Pourquoi vous êtes venu en Corse, notamment à Guitera ?

Depuis le début, c’est le hasard qui me guide. Je me fixe à peu près les étapes mais dans un planning très flexible qui change régulièrement. Au cours de mes préparations avant le départ, on m’a demandé où le voyage devait aller. J’ai retourné la question en demandant aux gens ce qu’ils recommandent. La Corse m’a été suggérée si souvent et l’idée que je puisse me rendre en Corse en trottinette a tellement fait vibrer les gens que cela a été décidé pour moi. Après le premier confinement, j’ai abandonné l’idée initiale de me rendre à Paris déjà pour la deuxième étape et j’ai commencé le voyage dans le sens des aiguilles d’une montre. En quatre jours, je me suis rendu à Lyon. Mais, je me suis quand même permis une petite blague avec mes followers. J’ai posté une photo du panneau « Bretagne », alors que c’était juste une ville sur mon chemin, pas loin de Belfort. Ça a provoqué pas mal de réactions. 

Photo © Michaël Vieira – TrottMan_Tour

Après plusieurs étapes dans le Sud du continent [Lyon, Marseille, Toulon], je me suis rendu en Corse. Pourtant le coût de la traversée était un défi. Mais comme tout au long de mon voyage, le hasard m’apportant de la chance j’ai trouvé un camion qui a accepté de transporter ma trottinette pour la traversée et j’ai pu embarquer en tant que piéton. Une fois arrivé en Corse j’ai suivi le camion qui allait au camping de Benista. La gérante m’a gentiment proposé de passer deux nuits gratuitement dans une tente sur son camping. J’ai découvert le sud de l’île de Bonifacio jusqu’à Porto-Vecchio. Je voulais parcourir la Corse de l’intérieur et en un voyage je suis monté à Zonza. C’est là où j’ai croisé un groupe de cyclistes qui m’ont raconté qu’à Guitera il y a des bains chauds naturels, et voilà pourquoi je suis venu dans ce village. Ici, j’ai trouvé mon hôte Jean, qui me traite comme si j’étais son petit-fils. Quand on a entendu l’annonce du second confinement, il m’a proposé gentiment de rester.

Êtes-vous déjà resté sans logement ?

En fait je ne cherche pas, ce sont toujours les gens qui viennent vers moi ou qui me proposent. C’est une des plus belles leçons de mon voyage. Quand tu pars à la rencontre avec l’esprit ouvert avec des intentions positives, tu tombes sur les bonnes personnes qui partagent l’aventure avec toi. Pendant les treize mille kilomètres que j’ai parcourus jusqu’à aujourd’hui, je ne suis resté que deux fois sans logement et je me suis rendu dans les abris de nuit. C’était la première fois à Montbéliard et la deuxième fois à Besançon. En fait, j’ai trop roulé et je me suis arrêté pour discuter avec les habitants trop tard dans la journée. Mais, parfois tu trouves ton hôte même à deux heures du matin !

Il y-a-t-il des différences d’hospitalité entre les régions parcourues ?

Non, en fait ça dépend comment tu te comportes et comment tu t’adresses aux gens. Je m’adapte aux gens et aux mentalités. Quand les gens sont sceptiques, c’est un challenge de plus, donc à la limite c’est même stimulant de réussir quand même, parce qu’au final je n’ai pas d’autre choix que réussir.

La pire expérience de votre voyage ?

On a essayé de voler ma trottinette deux fois. A Grenoble, je me suis fait voler ma trottinette mais grâce à mon système de sécurité elle était bloquée. Du coup je l’ai retrouvé le jour même. A Marseille, j’ai rattrapé deux garçons qui étaient en train de l’embarquer sur leur moto pendant qu’on m’invitait à manger aux Vallons-des-Auffes. Je leur ai demandé s’ils avaient besoin d’un coup de main et ils se sont enfuis. Mais ce sont des mauvaises expériences juste sur le coup, il faut les surmonter et après ça fera des belles anecdotes à raconter.

A quoi peut-on s’attendre dans le futur ? 

Après le confinement je vais explorer le Nord de la Corse, cap vers Calvi. Pour les fêtes, je retournerai sur le continent à Bordeaux, en 2021 je continuerai mon parcours vers la Bretagne (cette fois ci pour de bon) et finir mon tour de France à Paris. Je pense déjà à préparer mon tour d’Europe et pourquoi pas un tour de monde ?

Quel message aimeriez-vous passer aux amoureux de voyage ?

J’aimerais les encourager à partir. Ce n’est pas grave quand on n’a pas les moyens classiques, il faut juste un peu de créativité et d’aventurisme. Si vous voyagez en trottinette, mettez un casque et faites attention ! Pour l’instant ni le casque ni le permis ne sont obligatoires mais j’aimerais bien souligner qu’il faut toujours voyager avec précaution. Et faites confiance au hasard, sans avoir peur de demain ! C’est comme ça qu’on vit des aventures inoubliables. La chanson « hasard » de l’artiste Angie m’accompagne depuis le premier jour de mon voyage. Elle exprime très bien ma philosophie, donc je vous invite à l’écouter et vous lancer dans votre aventure.

Veröffentlicht von Gio

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